lundi 18 janvier 2010

A un anniversaire oublié, cinq ans…



On ne peut pas revenir en arrière. Ce n’est pas facile de choisir. Il faut faire le bon choix ! Tant que l’on ne choisit pas, tout reste possible. […]Je n’ai pas peur de mourir. J’ai peur de ne pas avoir assez vécu !
Nemo, Mr Nobody.

Hier, j’ai voulu trier un carton d’archives... Je suis tombé sur de vieux agendas. J’étais alors à l’Université et j’y notais, comme encore aujourd’hui, toutes mes sorties parfois même avec des remarques, des annotations... Quelques mots, à une date précise, certains vieux de bientôt dix ans... J’ai toujours eu une bonne mémoire notamment de ce que j’ai vécu, même dans les plus petits détails... D’où peut-être cette tendance à regarder souvent derrière moi... Sans doute paradoxal en ce moment, où je me sens plutôt bien et je pense avoir progressé sur plusieurs points. Je suis dans la merde mais plane sur mon petit nuage.

Je suis aussi tombé sur un vieux journal que j’ai relu il y a environ deux ans... Au contenu parfois pathétique mais trace fugace d’un passé, celui de mes premiers mecs...

L’un de ces agendas m’a permis de mettre en lumière un événement aux conséquences plus lourdes que ce que j’aurais pu penser à l’époque. Septembre 2004... Un mois très riche, un rattrapage raté, un redoublement, un nouveau mec qui ne fera que passer (première et seule fois où un mec m’a embrassé en pleine rue, certes déserte mais en plein jour) et mon coming-out auprès de mes parents, raté, incompris, mal aimé... En tout cas une date importante que ce samedi 25 septembre... Une transition invisible à l’époque entre le jeune homo qui se cherche mais fait sa vie et le spectre de ce dernier qui promet des foutaises invraisemblables pour qu’on le lâche : penser d’abord à ses études et réfléchir à sa sexualité.

Incompris dans ma détresse, besoin d’une aide extérieure, personne avec la capacité d’écoute nécessaire, deux psy, deux rendez-vous, deux occasions manquées, incompris !

Depuis cette date, je n’ai eu aucune relation digne de ce nom et d’homo en pleine construction, je me suis totalement annihilé, renfermé sur moi-même. Peur de l’extérieur, surement ! Peur des miens, surtout ! Du mensonge, des non-dits, des tabous !!! Je suis un tabou !!! De ma nature profonde, je suis très ouvert, bavard et j’ai tendance à faire confiance à toute personne qui fait preuve d’un minimum de sensibilité. Néanmoins, l’image que je renvoie à tout inconnu, est celle d’un mec qui fait la gueule, qui cesse de parler en présence de plus de trois personnes piétinant son espace vital, d’un abruti qui souri en n’importe qu’elle circonstance... D’une personne mal dans sa peau qui se cache sous ses kilos en trop. Et c’est plutôt bien réussi depuis cinq ans !

M. Personne.