De plus, la France est tout de même dotée de professeurs compétents et d’historiens capables d’effectuer les recherches et les publications nécessaires pour raviver et maintenir la mémoire de cette époque particulièrement marquante. Il suffit simplement de poursuivre et d’encourager la recherche par des financements publics, la création d’émissions, de documentaires ainsi que de films sur le sujet et surtout les commémorations récurrentes tout comme en 2005... Moi-même, j’ai réellement pris conscience de l’étendue et la cruauté de la Shoah en 1995 grâce à une revue pour ado qui consacrait un dossier à ce thème et surtout accompagné d’images de cette horreur: marquantes, choquantes, malheureusement réelles et toujours présentes dans ma mémoire. D’autres interrogations me viennent à l’esprit: les possibles tensions religieuses qui pourraient en découler; pourquoi seulement les enfants juifs français alors que toute l’Europe a été touchée; cette mémoire doit-elle être prise comme une repentance pour le rôle du régime de Vichy mais dans ce cas là comment expliquer que la France est le pays occupé par les allemands qui a déporté le moins d’enfants juifs grâce à certaines lenteurs de la même administration, de l’existence des Justes et des Résistants? Pourquoi placer ces enfants dans une repentance pour une action qu’ils n’ont pas commise et pourquoi ne pas commémorer de la même manière les esclaves des colonies françaises, les victimes torturées lors de la guerre d’Algérie - épineuse affaire - les peuples massacrés lors des campagnes de Napoléon... La liste des commémorations est longue. L’histoire d’un pays permet la construction de son identité mais ne doit pas devenir une entrave à son futur par la volonté perpétuelle d’une repentance qui me semble impossible... Il vaudrait mieux rechercher une manière plus simple de se souvenir et surtout d’en tirer les enseignements nécessaires pour avancer, vite, et surtout pour éviter ces erreurs passées.

Un cadeau de noël, sa vie, sa biographie, son livre... Une enfance à Nice, la guerre, les nazis, Auschwitz-Birkenau et un spectre d’adolescence... Aucun espoir de fuite: "Prendre le risque de partir revenait à mourir encore plus sûrement que de rester à attendre que le destin dispose de nous". Une volonté de survivre. Des spectres, l’odeur épouvantable, des travaux pour prolonger la rampe d’accès vers les chambres à gaz; une visite médicale par Mengele; une certaine chance au milieu de cet enfer: un petit commando avec des conditions de vie moins dures; janvier 1945 et cette fuite forcée face à l’avancée soviétique, véritable marche de la mort. Arrivée à Bergen-Belsen, entassement de déportés, conditions de vie abominables, le typhus, la libération du camps, l’arrivée au Lutetia, Paris.
Le retour difficile à une vie normale, une société sourde face aux récits des déportés, des études, une famille, une carrière de magistrate puis de femme politique française et européenne. Une action connue de tous en faveur de l’IVG, une période relativement favorable, l’Assemblée nationale, un discours, des insultes machistes, des femmes aidées, comprises et libérées d’un poids. Un parcours dont elle a tiré des enseignements, toute une période politique décryptée et dont les problèmes restent encore récurrents aujourd’hui après 30 années d’action et de réformes... Une vision de la Shoah et du sort des juifs: sereine, juste et sans haine. Un des soutiens très remarqués de la campagne de Sarkozy mais dont l'action des dernières semaines illustrent son indépendance d’esprit, son intelligence et sa place indéboulonnable au sein de la scène politique française.
Une Vie simplement touchante qui montre que même dans les pires moments un espoir est toujours possible.
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