vendredi 28 novembre 2008

Ecrire pour ne rien dire… ou si peu

J’aimerais avoir beaucoup de chose à écrire, à dire pourtant la réalité – plutôt terne ces derniers temps – est tout autre. Peu d’évènements, une certaine routine, dans le sens négatif du terme, avec plus de déjà-vu que de petits moments qui l’éclairent.

Une phase de désocialisation (rien à voir avec le parti politique!) avancée: solitude, mise à l’écart d’un quelconque système productif hormis la préparation des repas et la bonne tenue de cette baraque. Un régime au point mort malgré une certaine motivation et une activité sportive plus active. Au point mort car toute tentative n’est-elle pas vouée à l’échec dans un tel contexte? A moi de me prouver le contraire!!!

Une famille de merde, sans boulot, sans mec, presque sans amis, que de matière pour moi, ce petit être qui se plaint parfois (toujours!!!), qui se lamente sur la vie qu’il voudrait avoir et qui ne dédaigne pas montrer son nez. Nous venons au monde avec un patrimoine génétique et quelques cartes, d’un jeu que nous ne comprendrons que bien plus tard. Puis, nous avons nos partenaires ou adversaires, enrichissant ou dévalisant notre jeu. Toxiques, compatissants ou sympathisants, ils le modèlent, ils me modèlent...

Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il me reste peu de cartes mais peut être bien qu’il me reste les meilleures ou tout du moins il m’en reste l’espoir. L’espoir d’y découvrir, presque par hasard, un valet, de cœur ou de trèfle. Un simple valet!!!


Découvrez Elsa Lunghini!

samedi 15 novembre 2008

Fantasmagorie, 1908



Le premier dessin animé...

vendredi 10 octobre 2008

Into the wild...

... voyage au bout de la solitude.


Le bonheur n'est vrai que quand il est partagé.


Depuis deux ans, il marche sur la terre. Pas de téléphone, pas de piscine, pas d'animaux de compagnie, pas de cigarettes. Liberté ultime. Etre un extrémiste. Un voyageur esthète dont le domicile est la route. Echappé d'Atlanta. Tu n'y retourneras pas parce que "l'Ouest est ce qu'il y a de mieux". Et maintenant, après deux années de déambulations c'est l'aventure finale, la plus grande. La bataille décisive pour tuer l'être faux à l'intérieur de soi et conclure victorieusement le pélérinage spirituel. Dix jours et dix nuits de trains de marchandises et d'auto-stop m'amènent dans le Grand Nord blanc. Il ne sera plus empoisonné par la civilisation qu'il fuit et marche seul pour se perdre dans la nature.

Alexendre SUPERTRAMP, mai 1992

samedi 27 septembre 2008

Sacré Charlemagne

Un livre qui trainait depuis un moment sur mon étagère: Les rois qui ont fait la France, Charlemagne. Je ne sais plus vraiment si c’est un cadeau ou un simple achat compulsif. Une journée morose, ennuyeuse, une envie pointe, je l’ouvre... J’y redécouvre une partie de mes cours d’histoire médiévale de Deug II. Un homme au destin passionnant, un politique, un militaire et un stratège aussi performant qu’ambitieux. Un homme, qui comme De Gaulle, arrive au moment précis où il peut montrer, sans aucune concurrence, l’extrême complexité de sa personnalité et la vaste palette de tous ses talents.



L’occasion de découvrir qu’un certain nombre de facettes du personnage sont plus qu’erronées, comme son image de créateur de l’école... A l’inverse j’ai découvert avec intérêt son œuvre de conquérant infatigable, son action de législateur, de soutien de l’Eglise et de diplomate qui ont permis la création d’un véritable empire chrétien, ancêtre lointain d’une Europe que l’on tente de construire depuis plusieurs dizaines d’années.

Un bouquin d’histoire pure qui se veut (avec brio) facile d’accès malgré quelques chapitres plus pompeux sur l’administration (qui reste assez obscure) et l’entourage de Charlemagne.

lundi 22 septembre 2008

Homo disparitus

Admettons que le pire soit arrivé. Imaginons un monde dont nous aurions tous soudain disparu. Et voyons ce qu’il reste...


Une idée simple, surtout face aux changements climatiques actuels, à la pollution exponentielle où encore aux pratiques nucléaires, militaires et civiles, accompagnées d’accidents fréquents mais minimes (pour l’instant, ou presque). Une situation qui impose certaines réflexions sur la capacité de notre environnement à reprendre le dessus et à effacer les traces de notre passage.

Ouvrage fondé sur les études de nombreux spécialistes internationaux, il dresse une esquisse de l’état de notre planète à travers plusieurs exemples: une île du pacifique, une parcelle de forêt primaire en Pologne... L’auteur énumère les atouts de ces milieux, leurs spécificités et surtout les menaces de l’homme. On peut ainsi prendre conscience des effets néfastes engendrés par les engrais et les pesticides sur les terres arables, les retombées des essais nucléaires, de la pollution des eaux... De même, l’homme a contribué fortement à la disparition de nombreuses espèces par une chasse et une pêche excessives. Le constat actuel, c’est la perte de biodiversité notamment des océans, l’agrandissement de zones dites "mortes" où la présence de vie a totalement disparue...

La disparition de l’homme, c’est aussi la disparition de ces créations: villes, ponts, barrages, canal de Panama... L’eau est omniprésente et s’immisce partout. Ainsi, New York est bâtie sur un ensemble de ruisseaux dont les lits sont endigués dans un réseau souterrain. Ces eaux sont pour une grande part pompées par d’importantes turbines qui maintiennent le métro à sec. L’absence d’homme, donc d’électricité, entrainerait de rapides débordement, la réapparition des ruisseaux à la surface et la disparition rapide (moins de 30 ans) de la ville. Un simple exemple qui se répéterai sur l’ensemble du globe. Toute création humaine aurait ainsi une fin.

Une lecture attrayante, instructive, indispensable pour toute personne qui se sent un minimum concernée par les questions environnementales par l’avenir de l’homme et en premier lieu le notre.


dimanche 21 septembre 2008

Mon coup de coeur

Rien à dire de plus que l’année dernière, tout est

jeudi 28 août 2008

Le musée Bernard d’Agesci

Juin, une journée de cours plus courte que prévue, un détour débouchant sur une visite impromptue: le musée de la ville de Niort. Un ancien collège de style empire avec des ajouts XIXe, surtout une surface considérable qui a amené la fusion les différents musées : Beaux-arts et arts décoratifs, Histoire naturelle et Conservatoire de l’éducation.

L’occasion d’en prendre plein la vue: lambris renaissance, collections du Moyen-Orient, un énorme plafond réalisé en céramique de Parthenay, cabinet de curiosité, reconstitution d’un milieu naturel local (faune et flore!!!) ou encore reconstitution d’une salle de classe... On en prend plein la gueule, les collections sont vraiment intéressantes, la muséographie tout à fait adaptée malgré quelques problèmes d’éclairage.

Une bonne surprise après la visite, assez décevante, du château de Niort (salles fermées, thèmes des expos et surtout leur mise en œuvre et l’absence totale de médiation), et surtout un accueil vraiment excellent.

lundi 25 août 2008

Moi aussi je veux des violons dans ma vie et...

... Je veux une passion à Paris qui m’entraîne dans le tourbillon de la vie. J’veux un garçon dans mon lit qui m’fait grimper au plafond toutes les nuits. J’veux qu’on me ramène en taxi, j’veux qu’on m’apprenne la vie. J’veux de belles pommes à croquer et des pelles pour me réveiller...

mercredi 30 juillet 2008

La tour de la Chaîne

Il y déjà plusieurs mois, je suis arrivé sur l’île de Ré pour créer une expo dans le cadre des festivités du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec. L’occasion de découvrir une nouvelle facette de mon métier, une nouvelle région ainsi que l’histoire et l’aventure de ces cousins pas si lointains.



Des années de collaboration franco-québécoise, un bouillonnement culturel, un feu d’artifice d’évènements commémoratifs ont amené le Centre des Monuments Nationaux à investir l’une des trois tours protégeant le vieux port, la Tour de la Chaîne, pour créer une exposition permanente.



L’histoire de l’édifice (fin XIVe) s’efface totalement sous l’influence de la muséographie inspirée de l’architecture navale et nous transporte dans cette histoire, encore proche, de la création de la Nouvelle-France et de l’emprise française en Amérique du Nord. Le projet a été particulièrement bien mené, l’exposition est quasi parfaite, bien documentée et illustrée. Facile d’accès, elle permet de comprendre, très simplement, l’ensemble du sujet. De plus, elle est ouverte sur un large public avec la création d’un parcours pour les enfants, la mise à disposition d’un audio-guide, l’ouverture sur les nouvelles technologies...



Pari réussi, c’est devenu le lieu de référence sur le sujet.

mardi 29 juillet 2008

Terminus, tout le monde descend

Encore une impasse.

Il y a un mois, mon ancienne chef m’appelle pour avoir des infos concernant un projet que j’avais créé mais pas appliqué par manque de temps. Elle m’informe alors qu’elle quitte bientôt son poste et que je peux poser ma candidature. Après un stage de plus de six mois, des heures supplémentaires, un zèle qui a permis de monter une véritable expo (création d’une maquette, de deux saynètes grandeur nature, d’un projet de film documentaire…), mon retour sans contrat pour finaliser le montage de l’expo avec à la clé une pseudo indemnisation de moins de 50€ pour une semaine complète de boulot (payée deux mois après), j’estime au moins pouvoir passer un entretien. Et bien non!!! Rien, ni entretien, ni explication, une simple lettre, stéréotypée et froide, sans queue ni tête, mal écrite...

Tous ces efforts, je les ai d’abord consentis pour moi, pour me prouver que j’étais capable de monter un tel projet, de l’appliquer tout en faisant preuve d’une certaine créativité. Je suis plutôt content de tout ce qui a été accompli étant donné la faible avancée du projet à mon arrivée, les moyens limités du musée et le peu de temps dont je disposais. Il y a peu, je m’entends encore dire que je n’attendais rien d’eux, du CA, de ma chef et de ma collègue. En fait, si, j’attendais simplement une chose, obtenir un entretien même s’il n’aboutissait pas ou simplement un mot un peu plus humain que cette lettre, m’indiquant les améliorations qui pourrait être bénéfique à mon CV et à ma lettre de motivation. J’attendais juste un peu de considération et d’aide. J'avoue, j'ai été blessé, pas par péché d'orgueil mais simplement par cupidité: stupide d'avoir cru que leurs compliments avaient une valeur quelconque, stupide d'avoir cru que je n'attendais rien, stupide d'avoir pu penser obtenir ce poste.

jeudi 3 juillet 2008

Enfin une bonne nouvelle...



... et quelle nouvelle!!! Une libération, une totale réussite, un coup dur pour les Farcs... Une seule pensée, pour ces autres, emprisonnés de par le monde, pour avoir tout simplement défendu leurs idées de paix, de démocratie, de fraternité... Une pensée pour Aung San Suu Kyi.

mercredi 2 juillet 2008

Ma mère, cette c...

Ma mère et moi près de l’évier, une discussion:

-Elle: Toi et Souri vous avez dû faire tomber votre sœur sur la tête quand elle était petite
-Moi: Tu rigoles!?
-Elle: Cela expliquerait bien des choses...

Conasse!!!

samedi 28 juin 2008

Au pain sec et à l’eau

La balance s’affole et j’ai du mal à contenir cette prise de poids constante depuis mon retour chez mes parents. Le manque d’activités physiques, les menus peu (voire pas du tout) diététiques ainsi que de nombreuses tentations ont eu raison de ma faible volonté en matière de bouffe et de mon incapacité totale à ressentir la satiété...

J’ai maintenant du mal à fermer mes pantalons et à cacher ce petit ventre dont les tablettes de chocolat ont toujours été absentes car fondues en un coulis plutôt disgracieux. En fait, je ne me souviens pas m’être senti bien dans ce corps, le mien. J’ai toujours eu ce complexe de me montrer torse nu même s’il m’arrive d’aller à la piscine ou sur la plage. Je déteste l’été car je ne peux pas mettre un pull, une veste, un sac chargé de diverses choses pour cacher mon ventre, mes fesses, mon torse. J’ai bien essayé des régimes qui marchent plutôt bien sur le court terme mais qui s’avèrent nuls sur plusieurs mois. Je sais très bien que tout réside dans le fait de reprendre une activité physique régulière, un meilleur régime alimentaire et une volonté plus forte de ma part... J’ai en tête toutes ces idées, concepts, méthodes mais j’ai du mal à les appliquer car je ne me suis jamais fixé plus de six mois dans un même lieu au cours de ces deux dernières années.

J’ai conscience de ce problème, de mon envie de changer cela, de me sentir enfin mieux dans un corps dompté, maîtrisé, dans un corps qui serait enfin mien. J’ai conscience que le simple fait de me sentir mieux dans ce corps me permettrait d’avancer, de faire un bond énorme comme chaussé des bottes de sept lieues...

Alors voilà, j’ai décidé de ne pas me fixer de règles particulières, ni un temps déterminé pour arriver à mon but. Le seul paramètre pris en compte, c’est les huit kilos à faire disparaître, huit kilos pour me sentir mieux et pour grappiller un peu (beaucoup) plus de confiance en moi. Joli pari avec moi-même!!!

vendredi 27 juin 2008

Recherche désespérément un boulot, part II

Premier rendez-vous aux Assedic et à l’ANPE... Rien de bien concluant à part un "on ne peut rien pour vous" et "votre profil ne correspond pas à ce bassin d’emploi...". J’adore les démarches purement administratives qui ne servent à rien!!! La seule chose à signaler c’est que j’ai croisé le mec de l’accueil sur un tchat gay... C’est pas gagné!!!

mercredi 25 juin 2008

Recherche désespérément un boulot

Je viens d’apprendre une bonne nouvelle: le mari de mon ancienne chef vient de recevoir une promotion intéressante et elle va donc quitter son boulot pour le suivre. Quelle chance, en une année, ils se sont mariés, vont avoir un enfant et une belle promo!!! Bien sûr, j’ai aussi un intérêt dans l’histoire puisque son poste me plaît vraiment, que j’adore l’île de ré et la Rochelle et que je suis prêt à repartir vivre (et surtout travailler) là-bas. Vite, je prépare ma candidature!!!

samedi 21 juin 2008

Danseuse, son rêve


Découvrez Craig Armstrong!


Un rêve, un simple rêve, qu’elle souhaite réaliser pour en faire une ligne directrice de sa vie, de sa vie professionnelle et de sa vie de tout les jours: la danse. Alors, bien sûr, Marie-Jo et Mich sont contre, la danse n’est pas un métier, ben non c’est un truc de saltimbanque névrosé, drogué et surtout de pauvre!!! Pourtant, Marie-Jo depuis plusieurs années la voyait faire des études de pharmacie et un mariage avec un médecin ou un truc comme ça, peut être froid, con et borné mais riche, riche et riche...



Alors, pour les oublier, elle se lance, à corps perdu dans son rêve, elle danse, danse et danse. Parce qu’elle se questionne, à juste titre, sur l’intérêt de faire de longues études (pour finir smicard comme moi!!!), elle décide de faire de cette passion son métier. D’abord suspicieux sur ses capacités, je dois avouer après cette soirée et son gala, qu’elle possède un réel talent, qu’il y a encore du travail mais qu’elle en est capable. Elle arrivera à obtenir ce qu’elle souhaite et ce n’est ni Marie-Jo, ni Mich qui ne l’arrêtera. En tout cas, elle pourra compter sur mon soutien car il n’y a rien de plus beau que de vivre ses rêves.

vendredi 20 juin 2008

Le musée des automates et le musée des modèles réduits

Deux petits musées de la Rochelle qui m’ont particulièrement marqués, deux simples hangars près de la fac. C’est plutôt le type d’établissement qui me rebute et pourtant, j’ai adoré les visiter. Le premier présente une collection d’automates, parfois assez anciens, en retraçant l’histoire de cet artisanat, leur utilisation dans les foires ou les vitrines au XIXe siècle et les grands noms français de cette spécialité. Le fond du musée est consacré à une reconstitution un peu fantaisiste du Montmartre du début du siècle dernier avec de nombreuses surprises, de très beaux automates et une ambiance très particulière qui nous fait oublier le bâtiment et nous transporte à cette époque. J’ai été directement embarqué par ces pantins articulés qui m’ont plu comme à n’importe quel gamin.

Le second est spécialisé dans les modèles réduits: bateaux, avions, trains, voitures... Pas non plus forcément ma tasse de thé même si je dois avouer que les collections sont impressionnantes par leur qualité et leur mise en scène. De la même facture que le premier, il très intéressant et un vrai régal pour les mômes aux yeux grand ouverts. J’ai plus particulièrement apprécié la maquette de la superbe gare de la ville, un superbe lieu pour tant d’arrivées et de départs...

jeudi 19 juin 2008

Un petit Doubs(te) ?

Samedi dernier, je me suis rendu avec Mich dans le fin fond du Doubs pour un entretien concernant un poste dans un écomusée rural. Avec mon optimisme habituel, je me suis imaginé avoir le poste, vivre dans cette région, débuter une nouvelle vie et m’épanouir pleinement dans ce boulot. Et puis, j’ai commencé à percevoir les côtés négatifs de ces changements, de ce poste payé au smic et bourré de contraintes: des heures non payées, un dévouement presque monacal, la réalisation hebdomadaire de pain dès 5h du matin, l’isolement des lieux (il n’y a qu’une seule route pour accéder au village et au musée), l’absence de haut-débit, les rigueurs du climat hivernal (j’ai passé mon entretien près d’un feu de cheminée!!!), l’obligation de changer de voiture... tant et si bien, que ces contraintes ont dépassé mon envie réelle d’avoir ce boulot. Depuis lundi, j’attends leur décision et mon humeur change au cours des heures: l’envie d’avoir ce boulot puisqu’il faut bien que je bosse et l’espoir de ne pas l’avoir car je n’ai pas envie de perdre plusieurs années dans le Haut-Jura. En fait, ce poste qui rempli complètement mes objectifs professionnels (avec quand même trop de contraintes) ne correspond vraiment pas à mes projets et à mes désirs côté privé...

Je viens d’avoir leur réponse aujourd’hui, elle devait pourtant être rapide!!! Et bien je n’ai pas été choisi et j’en suis pleinement heureux. C’est une très bonne nouvelle qui tombe à pic puisque l’on vient de me proposer deux CDD assez courts mais plutôt intéressants et dans mon ouest natal.

mercredi 18 juin 2008

Ré ou le voyage intérieur

Un petit tour à la BU de la Rochelle qui m’a permis de découvrir une expo, Ré ou le voyage intérieur, imaginée et réalisée par des détenus de Saint-Martin de Ré... J’apprécie toujours l’idée de faire de l’art et/ou de la culture, à partir de rien ou presque, décliné sur plusieurs supports: écriture, photographie, peinture, taille de pierre, etc. Tout y est ou presque.

J’ai surtout été impressionné par le travail réalisé sur les reconstitutions de cellules, simples cubes en bois et en toile.



L’expression de détenus, mis au ban de la société, sur le lieu de leur probable exutoire, sur leur parcelle de vie quotidienne réduite au minimum, sur leur propre terrain donc sur eux-mêmes, leur intimité. Voilà, le mot est lâché, le spectateur devient un voyeur découvrant leur intimité ou tout du moins ce qu’ils ont pu en montrer. Un parcours pouvant se révéler émouvant pour celui qui s’y arrête, regarde et décrypte ces cellules pleines d’humanité, de sentiments et surtout d’amour...



Un voyage court et rare.

mardi 17 juin 2008

6 juillet 1944

"Tous, nous vivons sans savoir pourquoi ni dans quel but, et toujours à la recherche du bonheur; nous vivons tous ensemble et chacun de façon différente. Tous les trois, nous sommes élevés dans un bon milieu, nous avons des capacités pour les études, nous avons la possibilité d’accomplir quelque chose, et beaucoup de raisons d’espérer le bonheur, mais... il dépend de nous de le mériter. Accomplir une chose facile ne demande aucun effort. Il faut faire le bien et travailler pour mériter son bonheur, on n’y arrive pas par la spéculation et la paresse. La paresse séduit, le travail satisfait."

Journal de Anne Frank

lundi 16 juin 2008

25 ans et déjà plus toutes mes dents

Le temps passe si vite, que l’on soit assis dans un TGV ou que l’on regarde ce dernier passer... Cela peut me faire peur, parfois, souvent même. Pas par ces ridules qui apparaissent et s’installent sous mes yeux, non! juste par ce que je pensais faire pendant ce temps, ces temps, et que je n’ai pas eu l’occasion d’assouvir jusqu’ici. Il y a peu, une amie m’a demandé si j’avais des rêves. J’ai failli lui répondre non puis je me suis ravisé. Je lui ai décris, un rêve, le mien, celui du moment, irréalisable mais j’ai un rêve, rien n’est perdu...

Adolescent? Adulte? Aucune idée, certainement encore entre les deux. Je n’ai rien d’un adulte sauf l’âge, les quelques savoirs et les expériences que j’ai glané ici et là. Rien, ni mec, ni boulot, ni l’argent qui va avec. Prenant ses marques depuis quelque temps, une certaine solitude s’installe: exit les derniers amis du lycée, les amis de fac... Comme depuis quatre ans, je ne fêterai pas cet anniversaire. A quoi bon?

Une envie de fuite, de voyages au bout du monde, de nouvelles rencontres, de nouvelles cultures et de nouveaux paysages, une simple envie d’aventures. Paradoxalement, j’ai toujours aussi cette envie de stabilité mais ceci s’explique par la définition que je peux en donner, pour moi la stabilité c’est simplement être avec ce "Lui" que je n’ai pas encore rencontré. La stabilité, c’est peut être seulement ce(s) sentiment(s) d’être aimé, guidé, soutenu, préservé??? En fait, je me rends compte que c’est une définition peut être bien tout autant complexe...

"Celui qui se retourne sur le passé ne mérite pas d’envisager son avenir" Oscar Wilde. Cette citation, je l’ai retenu car je la trouvais absurde... Plusieurs mois après, elle ne me paraît toujours pas être la vérité mais j’ai décidé d’entasser ces boites, dans mon étagère ou dans ma boite crânienne. De ces boites, je souhaite tout conserver mais une fois fermées, je souhaite surtout les entasser puis grimper sur ces piles pour atteindre ce rêve, mes rêves et vers cette stabilité telle que je la conçois puisque ma seule peur, ce serait sans aucun doute de finir en vieille au bois dormant...

samedi 14 juin 2008

Mardi 28 mars 1944

"Hier soir, lors de l’émission de la Hollande d’outre-mer, le ministre Bolkestein a dit dans son discours qu’après-guerre l’on ferait une collection des lettres et mémoires concernant notre époque. Naturellement tous les yeux se sont tournés vers moi: mon Journal semblait pris d’assaut. Figure-toi un roman sur l’Annexe publié par moi, n’est-ce pas que ce serait intéressant!?"

Journal de Anne Frank

vendredi 13 juin 2008

Jeudi 23 mars 1944

"Les divers parents auraient-ils oublié leur propre jeunesse? On dirait que oui. Ils nous prennent toujours au sérieux quand nous disons des choses pour rire, et ils rient quand nous avons l’air sérieux."

Journal de Anne Frank

jeudi 12 juin 2008

Quiche aux asperges

C’est bien parce que je m’emmerde et que je me suis relancé dans la cuisine que je consacre un nouveau billet pour une recette rétaise bien sympatoche et ma foi plutôt bonne...

Les ingrédients pour 6 personnes:
-une pâte brisée
-des asperges fraîches (c’est mieux) ou en boîte
-4 œufs
-250 g de crème fraîche
-muscade
-sel et poivre

La préparation:
-étaler la pâte dans un moule et disposer les asperges
-dans un plat, battre les œufs et la crème fraîche
-ajouter la muscade, le sel et le poivre
-verser la préparation sur les asperges et enfourner à 180°C pendant 25 minutes

petite recette qui m'a valut, pour une fois, quelques compliments.

mardi 10 juin 2008

Ainsi de suite...

En ce début de semaine, Marie-Jo est parti deux jours près de Tours pour faire passer des exams. Deux jours de vacances. Enfin, ce fut surtout deux jours de ménage, courses diverses, lessives... Deux jours de servage intenses pour faire reluire quelque peu ce taudis laissé par sa tenancière dans un état de saleté plus qu’avancé. Bien entendu, aucun remerciement, aucune considération pour la boniche que je suis... J’ai même eu l’occasion de me faire reprocher par mon paternel, Mich, le fait de ne pas avoir nettoyé l’escalier!!! Quoi de plus normal de recevoir une telle réflexion de la part d’un quinquagénaire incapable de choisir ses fringues lui-même, incapable de faire une machine, incapable de jeter une dosette senseo ou ses mouchoirs en papier plein de morve à la poubelle... En fait, ce retour chez mes vieux ressemble de plus en plus au matage de leur déchéance. Est-ce un avant-goût de la mienne dans quelques années ?

mardi 3 juin 2008

La galette charentaise

Même lors d’un furtif passage en Charente maritime, il est impossible de passer à côté de la galette charentaise: à l’apéro accompagnée d’un pineau, l’après-midi avec un thé et même en dessert, elle s’impose sur toutes les tables. Autre bon côté, sa préparation est plus rapide (enfin normalement) que celle du gâteau au yaourt, à peine 10 minutes!!!

Les ingrédients pour 6 personnes:
-500g de farine
-sucre vanillé
-levure chimique
-4 œufs
-125g de beurre
-250g de sucre en poudre
-sel

La préparation:
-battre les œufs, le sucre et le sucre vanillé
-faire fondre le beurre
-incorporer le beurre fondu, la farine, la levure et le sel puis malaxer
-étaler à la main la boule de pâte sur une plaque de four, en formant une galette d’environ 30cm de diamètre.
-strier la surface de la galette avec une fourchette puis mettre au four à 200°C environ 15 minutes.

Moi, je la préfère chaude avec mon thé à la menthe...

samedi 31 mai 2008

Les z’allumés

Un concert gratuit, l’occasion de découvrir certains artistes que j’apprécie plus ou moins, l’occasion de profiter de l’une des seules belles soirées de ce mois de mai...

Qui dit concert gratuit dit aussi bancs de pouffes et de putes à franges, clopes et bières, quelques beaux mecs... Une bonne ambiance pour de bons moments malgré une Sheryfa Luna amorphe ou défoncée répétant sans relâche son propre nom (pour ne pas l’oublier?) et "Cholet ça déchire", Stanislas parlant de sa vie avec un langueur navrante... Calogero a bien sûr tiré son épingle du jeu et puis j’ai surtout vraiment beaucoup apprécié Ben Ricour: seul sur scène avec sa vieille guitare usée, une caisse péruvienne (un truc comme ça) et sa voix. Encore relativement peu connu, il a pourtant collaboré notamment avec Olivia Ruiz et sorti plusieurs single dont ces deux là:





J'adore, j'adore, j'adoooooooooooore

mercredi 28 mai 2008

un petit concours?

Pas très en forme en début de semaine et pas très motivé, par ce concours qui approche à grands pas, malgré tout ce qu’il faut que je révise. Petit aperçu:



L’envie de ne pas y aller (il n’y a que 10 places pour 600 à 800 candidats!!!) puisque peu préparé, voire pas du tout, mais poussé par la pression maternelle: "Qu’est ce que tu va faire [comme boulot] alors sans concours?" j’ai fini par m’y rendre. Et puis surtout, c’est deux journées à Angers, enfin un échappatoire, le pied!!!

Hier matin, le parc des expos, une foule grouillante, toujours grandissante, plein de têtes connues, j’ai l’impression d’être à la fac de Nantes... Je croise plusieurs personnes de ma promo du Mans, ça fait du bien d’avoir des nouvelles, de savoir que je ne suis pas le seul à venir les mains dans les poches. Une entrée dans la salle plus que bordélique. Enfin installé, je me retrouve entre les deux nanas qui se trouvaient toujours à côté de moi lors de mes exams universitaires, un poil troublant, un petit retour en arrière, plaisant!!! Une compo, j’improvise, je fais tout ce que je peux, le maximum, enfin j’essaie. Une fois dehors, je retrouve un ancien collègue, encore des nouvelles, des réussites et quelques galères aussi...

Aujourd’hui, un questionnaire, moins facile, je rame. Je croise encore d'anciens collègues, des personnes de master... Deux jours plutôt bénéfiques qui ne me permettront pas d’être admissible mais qui m’auront permis de revoir tous ces gens, de me rebooster et d’espérer un dénouement rapide.

samedi 24 mai 2008

L’Assommoir

Une journée pluvieuse, je n’ai pas le moral: je me traîne pendant des heures dans mon peignoir, je n’ai pas encore décidé si j’allais m’habiller ou non, je suis de mauvaise humeur, y’en a marre.

Ils m’énervent tous aussi dans cette baraque. Je n’ai envie de rien et pourtant je m’emmerde comme rarement: je commence quelque chose pour l’arrêter peu après. Les activités possibles ne manque pas, non!, c’est ma motivation qui est en berne, partie, dissoute, envolée...

Ici, je suis un peu devenue la bonne... Il ne me manque plus que le costume, la chambre mansardée, le valet tripoteur et le salaire de misère. Lessivage de murs moisis, des sols, cuisine, poussière (et y’en a!!!), et j’en passe: c’est princesse Sarah chez les bourrins vendéens. Ils aiment la crasse, la poussière, les araignées, l’entassement d’objets inutiles, bref le bordel et la saleté. Et c’est bobonne qui doit tout se taper. Chouette ce petit retour aux sources!!!

J’ai aussi l’occasion de suivre en direct la déchéance de ce qui me sert de môman. Elle est dans son monde et tout retour à la réalité est payé très cher par son entourage. Son monde? Et bien, c’est tout d’abord sa grande amie, la TV, qu’elle regarde toute la journée en lisant en parallèle des romans (de merde) type arlequin... Son monde se déroule sur le canapé. Elle descend les escaliers le matin pour allumer sa grande amie et lire, puis elle se lève pour chercher le courrier et ne bouge presque pas de la journée sauf pour remonter se coucher, en fait pour lire et écouter la radio... De son monde, de son canapé, elle cherche encore à diriger nos vies par la tyrannie de son amour sous condition: crises, chantage affectif... Elle utilise tous les moyens possibles pour nous faire chier en croyant peut être nous aider mais la seule chose que je retiens c’est qu’elle me prend encore pour un bon à rien...

lundi 19 mai 2008

Souad, brulée vive

Après Les hirondelles de Kaboul, pas réellement de changement de décor avec ce nouveau bouquin, l’intégrisme islamique, la condition des femmes, des histoires sordides...

Une religion, ses traditions souvent poussées à l’extrême par les plus forts pour augmenter leur domination sur les plus faibles et plus particulièrement ici les femmes. L’opinion occidentale choquée, à juste titre, très critique face à certaines dérives islamiques, mais oubliant par exemple l’intégrisme catholique et son Inquisition espagnole connue pour ses déviations sanguinolentes...



C’est simplement l’histoire d’une jeune fille, comme tant d’autres encore aujourd’hui, qui selon les traditions déshonore sa famille en ayant des relations sexuelles avant le mariage. Une jeune fille presque violée par un type qui n’aura jamais rien à se reprocher, selon ces mêmes traditions, mais qui connaît très bien les risques encourus par cette fillette, qui pense l’aimer et l’épouser. C’est Souad, brulée vive par son beau-frère puisqu’en plus d’avoir eu des relations sexuelles avant le mariage, elle est enceinte. C’est l’existence d’un être humain condamné à vivre avec les stigmates de son martyre, avec la haine de sa famille, avec le sentiment difficile à étouffer d’être la cause de leur déshonneur... C’est le parcours d’une jeune femme arrachée à ses racines pour fuir vers l’étranger - seule solution pour sa survie – qui tente de se reconstruire aujourd’hui encore...

jeudi 15 mai 2008

La boîte à boutons

Une vieille boîte à bonbons, vide de ces derniers, remplie de boutons, sa nouvelle fonction... Un petit gamin joufflu, plongeant ses mains minuscules dans ce trésor doré, argenté, en réalité souvent plastifié, une pacotille brillante, un poil bling bling... Patiemment récupérés par des mains ridées, tâchées, abîmées – un à un – c’est une sorte de collection: des récents, des inédits, des vintages...



Cette boite, ce trésor, et bien nous avons longtemps joué avec, mes sœurs et moi. Servant à la fois comme monnaie d’échange dans nos histoires imaginaires - ayant pour décor le cabanon aux lapins de mes grands-parents - et pour réaliser des vêtements (d’une qualité rare!!!) dont on se déguisait souvent... C’est dingue ce que nous avons pu faire avec une simple boîte à boutons! J’ai ensuite eu l’occasion d’avoir ma propre boîte au début des années 90, une vieille boite en métal brute Delacre. Et des trésors, elle en contient encore en grand nombre: figurines Kinder, images Poulain, autocollants dénichés au fond des boîtes de céréales, divers jeux de cartes, un Rubicube conique avec des billes à déplacer,... Les jouets de mes vacances nantaises, époque que je peux encore me remémorer en ruminant un simple chewing-gum à chlorophylle...

Ma vie, nos vies, peuvent se réduire à de simples boîtes: lambeaux fumant d’un temps qui nous échappe et que l’on oublie... Aujourd’hui, je souhaiterais abandonner mes cartons d’archives pour une nouvelle boîte, en carton, en bois ou en tissus, qu’importe juste une nouvelle boîte à souvenirs, tout simplement. Son contenu, je le souhaite divers: des photos, des petits mots, des souvenirs des personnes qui auront traversé ma vie. Une boite à souvenirs, une boite pour me faire repenser à ce que j’aurais pu oublier, une boite dont la seule présence me réconfortera: tous les éléments d’une vie, ce qui aura été bâti ou abandonné. Un simple objet vide et rempli à la fois symbolisant tant d’années pour moi et une simple poussière à l’échelle de l’Humanité. Des souvenirs, un souvenir – le mien – en fait si peu...

jeudi 8 mai 2008

Juste pour rire

Décidement j'adoooooooooore Florence Foresti...

lundi 5 mai 2008

Un blog bricolage ?

Avant mon départ de la Rochelle, je n’ai pas pu résister à passer faire un tour dans cette brocante que j’avais découvert en cherchant un cadeau d’anniversaire pour ma môman. L’envie de repartir avec quelque chose pour occuper mon temps libre de futur chômeur... Plein de belles choses, assez peu dans mon budget... Je tombe pourtant sur une table de chevet qui m’attire tout particulièrement. Bien crade, limite collante (ben c’est une table de chevet après tout!!!), totalement décalée, un brin déjantée (ben moi je trouve, non?!!!)... C’est ça!!!



Bon je sais, elle n’a rien de cassant malgré son petit côté bricolée mais pour 20€ je vais pas chipoter. Et d’abord, à moi, elle me plaît.

J’ai d’ailleurs commencé les travaux de restauration (ça déconne pas, attention!!!). J’ai arraché le contreplaqué tout moche qui avait été rajouté pour découvrir le plus ancien tout autant défoncé... Il y aura du boulot!!! J’arrache aussi le dessus du chevet lui aussi rajouté tout comme les pieds qui n’avaient même pas été vernis. Une fois tous ces ajouts enlevés, j’ai commencé à tout démonter pour enlever le vernis, poncer, traiter et tout réassembler...



C’est loin d’être fini!!! Mais comment fait Valérie Damidot?

vendredi 2 mai 2008

L’Hermione

Depuis 1997, l'Association Hermione-La Fayette déploie un formidable dynamisme pour reconstruire à l’identique (ou presque) l’Hermione, célèbre frégate sur laquelle La Fayette s’embarqua pour apporter un soutien militaire aux insurgés des Treize Colonies. Un projet hors-norme, un concept plutôt anglo-saxon, loin des desseins culturels français habituels, à l’exception du chantier de Guédelon.



C’est l’occasion de mettre en valeur l’histoire et le patrimoine de la ville de Rochefort ainsi que de son arsenal construit par Louis XIV le long de la Charente. Tout en mettant à l’honneur l’histoire des relations franco-américaines, la guerre d’indépendance, l’action de La Fayette... Ce dernier ayant embarqué le 21 mars 1780 sur cette frégate pour leur apporter le soutien militaire de la France.



Le chantier se découvre au cours de visites libres ou guidées qui permettent de comprendre l’organisation et la vie d’un arsenal au XVIIIe siècle ainsi que les étapes de la construction d’un bateau. Ouvert toute l’année, le chantier permet de découvrir l’avancée des travaux, l’intérieur du bateau, certains objets en cours de réalisation tels que la chaloupe et les canots.



Une visite sympa dont les bénéfices permettent de financer une part importante du projet...

lundi 28 avril 2008

Bye bye La Rochelle

Un nouveau déménagement. L’un des lieux où je me suis senti le mieux depuis plusieurs mois. Une période marquée par des évolutions personnelles, une avancée continue, un certain bien-être...



Un retour en arrière, une situation moyennement plaisante, l’ouverture sur une période plus incertaine mais que je souhaite tout autant bénéfique.

mercredi 23 avril 2008

La fin de ma vie d’ado?

J’ai longtemps cru que la seule chose qui subsistait de ma vie d’ado c’était ma chambre. Erreur!!! Je suis tout entier encore un ado ou presque. L’adolescence, cette période de crises, en vérité salutaires, indispensables pour passer à l’état d’adulte. Oubli ou rejet de ma part, domination de mon entourage aussi, j’ai survolé cette étape. Absente, elle est aujourd’hui, à l’aube de mes 25 ans un manque cruel. Tout du moins en ai-je l’impression. Un petit problème de construction, grandi pour une part trop vite et pour l’autre pas assez, je déambule en titubant, une jambe trop courte ou l’autre trop longue... Je me traîne devant un nuage de poussière, maladroitement, lentement, doublé par tant d’autres rattrapé et dépassé par de plus jeunes...



Une vague idée émerge, transformer ma chambre d’ado, effacer toute trace pour mon prochain retour: peinture, meubles, décoration, tout!!! Vague illusion qu’une telle transformation permettrait de mettre fin à cet état végétatif: une jambe dans l’adolescence, l’autre dans la vie adulte. J’ai esquisser un rictus la fois où une prof de psycho nous avait mentionné le fait que certains de ces collègues plaçaient la fin de l’adolescence vers 25 ans... C’est pourtant bien mon cas: seul, toujours dépendant de mes parents, toujours un sentiment de rejet à leur égard, toujours des conflits, des engueulades... Rien de très constructif dans ce dialogue de sourd, rien de bien réconfortant ou de simplement stabilisateur. Un retour non souhaité mais pour le moins accepté, une probable étape supplémentaire, peut être une chance de quitter cet état dépassé pour me plonger entièrement dans ma vie d’adulte qui m’attend et qui risque de partir sans moi, sans ce corps... Une étape de transitoire, une coupure que je souhaite franche, nette et sans retour.

lundi 21 avril 2008

Je recherche...

Mais c’était juste une ombre
C’était juste une silhouette
Qui ressemble à toi
C’était juste une ombre...

samedi 19 avril 2008

24 ans, 10 mois, 2 jours et une vingtaine d’heure

Tic tac tic tac tic tac tic tac...

L’horloge de la vie, imperturbable. Le temps qui glisse lentement, parfois trop vite, mais surement. Le sablier se vide...



Pas de réelle peur de vieillir, de mûrir, juste de celle de ne pas pouvoir réaliser tout ce que je souhaite dans le temps qu’il me reste et que j’espère le plus long possible, comme cela a été le cas dans ces vingt-cinq premières années. Me découvrir enfin, m’accepter, en profiter: ce sont mes résolutions du moment, celles de ce cap qui avance à grands pas...

vendredi 18 avril 2008

L’expo part 4

Un jeudi à faire les boutiques avec mon dernier chèque d’indemnisation de stage, autant dire peu, et un coup de fil, on me rappelle au musée pour finaliser l’expo, les vitrines et la muséographie...

Une semaine plus tard, je repars sous un soleil couchant, nuances de jaunes et de rouges, mission accomplie!



Il ne manque plus que les panneaux, ils arriveront lundi. C’était un vrai plaisir de pouvoir revenir pour achever ce qui avait été commencé, revoir les mêmes têtes, retrouver la routine de ces derniers mois… J’ai aussi pu découvrir les superbes objets prêtés par des collectionneurs privés, dont un vrai scalp d’anglais du XVIIe siècle.

Un nouveau départ vers le même inconnu, un peu plus nostalgique que la dernière fois mais avec toujours autant d’idées en tête.

jeudi 17 avril 2008

Plouf

Une journée sur mesure, programmée à l’avance, millimétrée, chronométrée à la seconde... Un seul imprévu, le temps forcément et qui n’est pas avec moi aujourd’hui... Une journée qui tombe à l’eau, aucun plan de secours et pourtant le besoin de se changer les idées. Des questions qui pointent leur nez et des réponses inexistantes, en suspend ou encore que je ne souhaite pas entendre...

Rien de bien concret, de réellement positif, quelques idées de projets mais surtout des limites, je suis exsangue...

Une journée enfermé, mon cher voisin, sa musique, son volet qui claque, quelques trucs à la TV, un bouquin, des textes en attente...

Une journée de merde, ça faisait longtemps...

dimanche 13 avril 2008

Noces d’or

Noces d’or de mes grands-parents maternels. Et quel trésor: Cinquante ans de mariage!!! Journée de fête, un repas de famille, un vrai, une occasion, rare, de plus en plus rare, de se retrouver tous, ou presque...

Une sacrée famille, pleine de clichés, de tabou, de préjugés et de critiques.

Dernièrement, j’ai eu l’occasion de parler avec un spécialiste de psycho-généalogie. Un exposé, virulent, passionné, passionnant! L’idée simple que des traumatismes personnels se répercutent générations après générations et encombrent l’inconscient familial. Il semble même que la plupart de nos choix (professionnels, affectifs, culturels…) soient directement influencés par la vie de nos ascendants. En effet, nous pouvons choisir de rester sur la même ligne directrice de nos parents et dans ce cas nous reproduisons une vie semblable; dans le cas contraire nous pouvons nous y opposer et prendre un chemin contraire mais même cette option est incertaine puisque des aïeuls ont également pu faire ce choix et nous reproduisons alors ce même parcours. D’après ce que j’ai pu en comprendre, la solution la plus sage serait de suivre son propre chemin...

Les spécialistes de cette discipline interviennent auprès du patient en montant un génogramme, une représentation graphique codifiée de l’arbre généalogique mettant en perspective l’ensemble du "groupe famille". Il permet de mettre en évidence des événements répétitifs: maladies, accidents, conflits relationnels, différences culturelles et sociales... Dans mon cas, il est plutôt évident que l’absence parentale s’est reproduite sur plusieurs générations - qu’elle soit physique ou seulement affective - c’est un élément caractérisant notre famille. Ceci explique surement cela... Il est bien évident que je ressens une certaine incapacité à aimer, une certaine peur, simplement parce que je n’ai aucune recette du bonheur et que je ne sais pas vraiment faire semblant. Je suis désabusé, rien ne m’impressionne vraiment, j’ai du mal à exprimer ce que je peux ressentir et j’ai même l’impression de ne rien percevoir, de ne rien vivre pleinement. Pourtant, j’ai l’impression aussi que ça commence à bouger. Si cela pouvait être vrai...

mercredi 9 avril 2008

L’art roman saintongeais

Un prof très intéressant, un cours sur l’art roman et surtout la visite de plusieurs églises du nord de la Saintonge. Une journée bien agréable, ensoleillée, entièrement dédiée à la découverte des petits trésors d’architecture et de sculpture médiévale. Un circuit pseudo-touristique ponctuée de connaissances pour un regard neuf et émerveillé sur cette période que j’apprécie tant...



L’église Saint-Pierre d’Aulnay est un chef-d’œuvre de l’art roman classé au patrimoine mondial par l’UNESCO. Elle est surtout reconnu pour son important programme sculpté d’une qualité surprenante pour un tel édifice, de taille moyenne et à la périphérie du Poitou et de la Saintonge.



Trois ateliers de sculpture se succèdent sur le chantier et s’influencent au cours de la première moitié du XIIe siècle. Il en ressort trois types de sculptures ayant chacune leurs qualités et leurs spécificités propres. Le portail méridional marque fortement par sa composition, sa richesse iconographique et son audace: des ânes habillés en moine, un bestiaire fantastique et très surprenant... Il faut aussi noter une décoration intérieure extrêmement riche et diverse: masques, éléphants, scènes bibliques sur les chapiteaux, une coupole à la croisée du transept, une voûte en berceau très brisé pour la nef... Le contenu idéologique de ces images est bien entendu prépondérant et met en valeur une architecture très audacieuse.



Le chantier d’Aulnay crée une véritable émulsion de l’art roman dans cette partie de la Saintonge avec l’intervention de ces sculpteurs ou de d’autres artisans s’y référant. La façade de l’église de Nuaillé-sur-Boutonne en est un bon exemple. Très chargé, le portail est consacré pour une grande part à l’enfance du Christ. De plus, divers châtiments infligés aux pécheurs occupent certaines parties sculptées, tel l’avare étranglé par le cordon de sa bourse...



L’église de Salles-les-Aulnay accueille des sculptures semblables à celles d’Aulnay mais à une échelle moindre autant par la quantité que la qualité. Un important bestiaire est retranscrit sur les chapiteaux du chœur ou sur des frises de la façade qui demeure très sobre. Le chevet est sans doute l’une des parties la plus décorée de l’édifice: harpies, sirènes-oiseaux à têtes barbues, griffons,...



Saint-Mandé-sur-Brédoire possède une fine église placée sur un pan escarpé au centre de la petite bourgade. Son portail méridional est particulièrement surprenant: les thèmes inspirés d’Aulnay sont traités avec une grande naïveté voire avec maladresse... Les personnges, petits et presque carrés ressemblent presque à des poupées dont on pourrait s’emparer. Si, celles bourrées de sable que j’ai en mémoire mais dont je ne me souvient plus où j’ai pu les voir. Naïveté, peut-être, mais avec un message toujours aussi percutant pour les gens de l’époque...



Une bien belle journée, pleine de mon insouciance et de connaissances mais surtout de plaisirs...

vendredi 4 avril 2008

L’expo part 3

Dernier jour de stage et toujours autant de choses à réaliser... Une semaine qui s’est écoulée au gré de journées d’au moins 10h: l’atelier a été achevé mercredi, plein de ménage, des vitrines toujours aussi vides: un petit problème de contrat d’assurance...

Un bilan dressé mercredi, ma chef assez satisfaite, des points positifs, des louanges mais pas de poste disponible dans cette structure puisqu’il manque les subsides nécessaires au financement d’une telle charge. Un départ serein sans nostalgie: un bien joli travail, un peu plus de confiance en moi avec tout ce que j’ai accompli, une brève parcelle de vie – réussie – sur cette île: une découverte automnale pleine de soleil, de sable et de charme... Aucune nostalgie, s’en est presque bizarre, toujours cet optimisme, l’idée que tout est encore à venir...

Je repars avec l’idée que presque parti de rien, nous avons réussi à monter un projet très sympa, dynamique, proche du public... Et puis, malgré mon "petit accident", j’ai aussi découvert que je n’étais pas un si mauvais bricoleur, que j’étais capable de lancer une idée, de la poser sur le papier et de la mettre en œuvre avec mes petites mains toutes blanches, toutes lisses...

Que de découvertes sur ce chemin, presque droit, presque plat, presque sans fin, presque...

mercredi 2 avril 2008

Je vais bien ne t’en fais pas

Une chanson, un film et un livre. Cet ordre atypique, le mien, la découverte d’une œuvre sous divers aspects, supports et instants.



Une chanson, mélancolique, chaotique, pleine de sens, écoutée en boucle durant plusieurs mois. Source d’inspiration, de réflexion, d’introspection. L’éveil de ma curiosité – sur le film dont elle est tirée – lors de mes dernières vacances, noël. Vite téléchargé, visionnage vite programmé, mes sœurs et moi, absorbés… Quelques jours plus tard, au milieu des rayons d’une librairie, je tombe sur le livre, quelques billets de mes étrennes sortis de ma poche et je repars avec. Vite lu, vite reconnu malgré une intrigue quelque peu différente : le personnage principal est là, à la fois perdue, fragile, chancelante, découvrant un manque, le pire au monde, celui d’être en manque de l’autre, d’un être. Son frère ! Loïc, juste quelques lettres, peu de nouvelles, un départ mal compris, incompréhensible. L’histoire d’une jeune femme face à ses sentiments, face au monde, aux gens de son quartier, aux clients de la supérette où elle travaille ; seule face à eux sans Loïc comme possible soutien, comme possible échappatoire. Des sentiments violents et rares…

vendredi 28 mars 2008

L’expo part 2

Il ne me reste plus qu’une seule semaine de stage à tirer. Néanmoins, le montage de l’expo est loin d’être achevé, très loin. Une semaine qui s’annonce intense, pleine de stress mais aussi d’adrénaline. L’aboutissement d’un travail de près de six mois et que de travail accompli... Ce matin, je me suis attaqué au ponçage des planches utilisées pour la reconstitution (grandeur nature) de l’atelier d’un colon du Québec à la fin du XVIIe siècle. Enfin, j’ai essayé!!! En fait, je me suis blessé à l’index gauche en allumant la ponceuse qui avait été débarrassée de sa protection. Bilan: un gros bobo et deux point de suture sniffff!!!



Même pas mal, au début, du sang un peu partout et une petite hémorragie qui ne s’arrêtait pas. Ma collègue au téléphone avec ma chef, toute paniquée: "il a la main en sang...". On m’emmène (enfin, c’est moi qui conduit) au premier cabinet médical du coin. Une doctoresse toute sympa, pleine d’humour, qui parle amputation, de l’un de ses patients: un rugbyman tombé dans les pommes à cause d’une toute petite piqûre de rien du tout et qui compare la Vendée à un vaste marais... Le pronostic vital semble plutôt bon... Une anesthésie locale a l’effet très limité, deux coups d’aiguilles bien ressentis, un pansement et c’est fini.

Avant de repartir, un petit coup de gueule de sa part: "c’est impensable de faire du bricolage sans gants et lunettes de protection!" et une recommandation, pas de bricolage avant la semaine prochaine. Un après-midi passé devant l’ordinateur mais une grosse envie de reprendre la ponceuse... Je m’y remet, sans gants et sans lunettes, jusqu’à 19h, et seulement un quart des planches poncées. Décidemment, je n’en vois pas encore le bout...

jeudi 27 mars 2008

Nicolaï ERDMAN: Le Suicidé

Une invitation au dernier moment, une pièce de théâtre qui m’est totalement inconnue, un thème plutôt séduisant, une équipe d’acteurs-étudiants motivés, bref une bonne soirée.

Un lieu, la Fabrique du vélodrome : un ancien hangar, nu, métal et béton, loin des aspects habituels d’une salle de spectacle. L’idée très séduisante de découvrir un morceau de culture réalisé avec rien ou presque mais dont la mise en scène originale me feront ouvrir mes petits yeux tout grand, comme un môme.

Un accueil peu ordinaire, par les acteurs eux-mêmes, une mise en bouche très insolite, moderne, intrigante. Puis, l’entrée dans la salle vide, nue, deux rangées de chaises d’écoliers alignées contre l’un des murs, blancs. Une scène absente, au premier abord… Le début de la pièce, la suite de la mise en bouche : la pose du décor ; quelques caisses et des lignes de scotch posées au sol par les acteurs, toujours eux, au cours d’une sorte de chorégraphie rythmée par des salves de textes, vifs et courts. Le lancement réel de la pièce, des jeux inégaux mais le plus souvent justes, je suis embarqué, un régal.

lundi 24 mars 2008

Jean-Louis

Une petite "surprise" née depuis un mois: un petit agneau appelé Jean-Louis par mes sœurs; abandonné et rejeté par sa mère qui manquait de lait, un instinct de survie surprenant... Nourri au biberon, il bêle à chaque fois qu’il entend la porte d’entrée de la maison se refermer. Il lève la tête dès qu’on l’approche et essaye de téter tout ce qui lui passe devant la bouche et tout particulièrement les manches de manteau... Tout mimi, j’adore lui caresser le ventre tout en lui donnant son biberon.

Le printemps, son lot de naissances, un nouveau cycle, tout un programme...

jeudi 20 mars 2008

Si maman si…

free music


La semaine dernière, une soirée TV à deux, des viennoiseries, du thé à la menthe... un fauteuil de style empire, confortable, trop, une nuée de confidences, une irruption de pensées extériorisée soudainement, une coulée d’introspection, une odeur tenace de soufre... Une nouvelle démarche à activer...

Octobre 2004, ma mère, ses méthodes dignes de la gestapo, mon portefeuille, une photo, un mec... Appel téléphonique à ma sœur, interrogatoire de mon père, des bribes de conversation arrivent à mes oreilles... Une mise bas forcée, un coming-out arraché... Révélation reçue en pleine face, qui sonne comme une vengeance, je souris presque de la voir pleurer... Mais où sont ses larmes ? Vengeance, régurgitation de toute cette rancune accumulée depuis si longtemps, plusieurs spasmes mais le sourire aux lèvres, le rictus de la vengeance. Oui, j’ai pris mon pied!!! Une anthologie, à elle seule, d’homophobie, les réflexions fusent. Encore des mots qui résonnent et dont l’écho me touche toujours autant.
elle: "C’est toi qui fait la fille?"
moi: "J’ai pas de vagin"
elle: "T’as déjà essayé au moins avec une fille?"
moi: "Et toi, t’as déjà essayé?"
elle: "J’aurais préféré que tu sois toxico!!!"
...

Assommée, elle l’est, que vont bien pouvoir dire les gens? Elle m’interdit d’en parler à mes autres sœurs, à la famille, aux gens, à ces autres dont les réactions et les mots lui font peur... Ressaisie, rapidement, elle recommence ses intrigues... Et ça marche, mon père qui l’a bien pris commence à douter, une nouvelle fois il manque de couilles... Elle me fait croire que ma sœur l’a mal pris, ne l’accepte pas, belle tacle, aussi fausse qu’efficace... A force de ténacité, de crises et de chantage, elle fini par me faire dire qu’il serait possible que peut être on ne sait jamais qu’il est sans doute possible à faible chance que voilà je pourrais sortir avec une fille... A mon tour de manquer de couilles mais face aux pressions du Général tout le monde obéit, elle a toujours le dernier mot, elle écrase tous les obstacles... Une mise bas loin d’être réussie mais que je pensais tout du moins accomplie. Surprise!!! elle n’est qu’à moitié achevée... Cette chimère, cette connerie d’ado - tel que le conçoit ma mère - est encore coincée dans mes entrailles, ses griffes pénétrant mes chairs et empêchant tout mouvement... Une blessure de plus qu’elle s’amuse à faire ressaigner au détour d’une phrase martelée, lancée tel des coups de poignards, de hachoir, d’un couteau à huitres, tout ce qui pourrait lui passer entre le mains: "t’as une copine? "...



Presque quatre ans plus tard, une simple question, presque anodine: "Et avec ta mère ça se passe comment?" à laquelle je réponds "Moyen mais je m’en branle". Cette question me touche, je perçois une douleur physique, une blessure, cette "chimère"... Aujourd’hui, mon seul désir, me délester de cette charge bien réelle, achever cette délivrance si longue, rester conscient, lui présenter, lui tendre et lui demander d’accepter... Il n’y aura plus qu’un seul essai, le second. C’est déjà un de trop. Sa réponse, je la connaît déjà et elle restera la même jusqu’au fond de son trou, à moitié bouffée par les asticots. La seule question qui subsiste réellement, c’est si je suis capable de lui pardonner, tout, vraiment tout, de m’en détacher, de me créer un nouveau passé avec mon présent et le futur qui s’ouvre à moi. C’est seulement ça, tout ça, juste pardonner, ne pas oublier, en faire une force, une expérience de vie, une richesse, un nouveau pas vers le bonheur ou du moins l’un de ses mirages...

Un nouvel ange

Parce qu’hier une femme est morte, qu’elle ne verra pas le printemps, qu’elle ne verra plus ses trois enfants, qu’elle ne verra plus son visage: sa maladie. Parce qu’elle avait juste demandé le droit de mourir dignement dans le pays des droits de l’homme mais qu’on le lui a interdit. Parce qu’à la suite de la demande de Vincent Humbert, refusée, s’était profilée une demie loi presque honteuse, encore un blabla de parlementaires... Parce que des analyses sont en cours pour définir les raisons de sa mort et à terme découvrir l’aide probable qu’elle a pu recevoir. Parce que souffrir de cette maladie dont les douleurs sont atroces ne suffisait sans doute pas, on va maintenant la dépecer pour dénoncer l’aide qu’elle a pu recevoir de la part de véritables libérateurs mais coupables devant la justice. Pour toutes ses raisons, j’espère que la France acceptera enfin l’euthanasie comme dernier recours thérapeutique face à une souffrance si forte qu’elle en réduit la dignité humaine à de vains mots...

mardi 18 mars 2008

La cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes

Je suis très attaché à la ville de Nantes, un retour régulier dans la cité des Ducs de Bretagne m’est devenu nécessaire, presque vital, un simple retour aux sources... Une occasion, un week-end et une invitation: Tibo et Cédric, un bien joli couple auquel je souhaite plein de bonheur. Un très bon week-end malgré cette vieille loco en retard de plus d’une heure, un voisin à l’haleine tenace: un défenseur de la diversité bactérienne des zones humides et chaudes dont l’assiduité pourrait lui permettre d’obtenir un prix par l’UNESCO...

Une fois sorti de la gare, direction la cathédrale et ses cryptes. Je me souviens les avoir visité avec ma grand-mère et ma sœur au début des années 90. J’ai longtemps été frustré de ne plus pouvoir y pénétrer puis elles ont rouvert, quelques semaines après mon départ... Occasion saisie de les visiter à nouveau samedi matin.



Des aménagements contemporains perceptibles dès l’entrée, une muséographie renouvelée: tout n’est que béton, verre, stickers et jeux de lumières... La crypte du XIXe siècle accueille toujours en quatre ou cinq espaces l’histoire riche et tourmentée des lieux, des attaques vikings à l’incendie des années 1970. Le parcours est certes conséquent mais manque d’ordre, de maquettes, de reconstitution virtuelles, d’un peu de pédagogie en somme: sans connaissances préalables, il est impossible de comprendre la genèse de l’édifice. La crypte romane est aménagée pour présenter le trésor de la cathédrale, de manière dépouillée et sobre, la lumière tamisée donnant une ambiance très confinée au lieu... Une redécouverte plutôt bien appréciée.



Commence alors une nouvelle déambulation, dans l’édifice même, une sorte de cérémonial: le tombeau de François II, le chœur, le Saint-Pierre en bronze, la porte gothique avec ses escargots de tuffeau rampants sur des chardons, une salamandre...



Nantes, est devenue une part de moi-même, simplement par le fait que c’est l’une des seules choses capables de traverser ma vie. Une chose fixe, imperturbable, en mouvement mais immuable, une sorte de refuge intemporel. Je serais toujours chez moi à Nantes...

mercredi 5 mars 2008

La légende de la femme au cœur en or

free music


Alphonse Daudet, Les Lettres de mon Moulin, livre de chevet de cinquième, réouvert ponctuellement depuis quelques mois, de courtes nouvelles, une odeur de lavande, un petit air de Provence... Le relecture de l’une de ces "historiettes", tout un pans mal compris à l’époque - puisque non vécu - et aujourd’hui si présent, un peu d’inspiration... Une sorte d’hommage... Déjà bientôt un an...

Il était une fois, une femme avec un cœur en or, tout en or, une énorme pépite. Lorsqu’elle est née sa mère en était tellement heureuse, à nouveau une fille, une éclipse en layette et tout en sourire, une manière d’oublier la mort si précoce de sa fille ainée: la guerre, les privations, le manque de vaccins, une maladie pourtant bénigne... Plutôt un nouveau soleil dans sa vie - un nouvel astre l’éclairant de toute sa puissance et sa candeur - laissant pudiquement à l’ombre les propres blessures de sa mère en devenir: tous ces morts; les mois passés attachée à une laisse au pied de la table en bois de la cuisine, seule; son départ au service d’une autre famille; ce manque d’amour maternel et surtout paternel, jamais rencontré, probablement longtemps rêvé, là aussi une guerre. La première et la dernière!!! vaste utopie d’une époque où malgré l’antisémitisme galopant et le bourgeonnement des dictatures l’on croit encore à la paix...

Un cœur en or, une enfance qui a semblé joyeuse, un frère, une demi-sœur,... tant d’amour à donner. Un cœur en or, battant à tout rompre, lors de ses courses à travers les champs: le long du Cens, des sources disséminées un peu partout; en rassemblant les vaches ou les oies; en sautant au-dessus des tombes du cimetière; en se courbant pour ramasser tous ces fruits gorgés de soleil, ces châtaignes, légumes, pissenlits, tous vendus au marché par le père; ou encore en allant à l’école, chez les Sœurs, la côte du Pont du Cens, le vieux tramway, l’église Notre-Dame-de-Lourdes vite reconstruite, toute en béton, le mariage de sa sœur, bientôt une nièce, ma propre mère...

Un cœur en or, accaparé par sa mère, elle arrive cependant à distribuer un peu de cette richesse aux vieilles tantes - presque oubliées, la mort, encore - à sa grand-mère: le retour de l’école, une grosse tartine avec de la confiture, quelques gorgées de café noyé dans du lait puis les ventouses, chauffées et délicatement appliquées sur son dos, parfois trop chaudes, quelques cris étouffés; très furtivement la "Grande faucheuse" revient, 1959, seulement 12 ans. A partir de cette époque, elle diffuse un flot continu d’or, des parties entières de sa pépite, de son cœur: l’impression de vivre, d’obtenir la considération de l’autre peut être, une forme de piété aussi, de partage surtout, une leçon reçue de ses parents, le partage... Et pourtant...

Un cœur en or, couvée par sa mère, sans doute étouffée par cette main maternelle, ferme, qui lui comprime le cœur. De peur de perdre à nouveau une fille, sa fille, elle décide inconsciemment de lui poser à elle aussi une laisse invisible: cette main qui lui comprime le cœur, l’empêche de battre pleinement, une manière de la protéger, de la garder, pour elle seule. Séquestration sentimentale!

Un cœur en or, une certaine difficulté pour accepter ce corps, une vrai carrure de paysanne bretonne, une beauté qu’elle pense inexistante, un régime barbare, un accident, un corps marqué par cette souffrance morale. Une personnalité volontaire, toujours ce cœur en or, sur la main, pleine d’humour, un caractère extravertie qu’elle s’est construit pour cacher vainement son mal-être. Juin, chaque année cette déprime répétitive, cyclique, saisonnière, oubliée pendant l’hiver mais qui pointe son nez insidieusement dès l’arrivée des beaux-jours: ce corps, toujours...

Un cœur en or, un éternel jaillissement d’or: aide sans arrières pensées, paroles, gestes, intentions,... Probablement l’impression de vivre uniquement par ce flux aurifère qui révèle cette beauté, sa beauté d’âme dont elle n’a pourtant, peut être, jamais pris conscience...

Un cœur en or mais un coup du destin, 1972, la cathédrale en feu, le tuffeau souillé par la suie, d’importantes restaurations, l’évêché expulse ses locataires: la famille est arrachée de sa terre. La Barberie en partie rasée, les champs nivelés, un centre commercial construit, des barres d’immeubles remplacent les arbres fruitiers ainsi que l’eau claire et fraîche des sources, le Cens devient un grand égout à ciel ouvert, tout disparaît. Aujourd’hui il n’en reste plus rien ou presque, des souvenirs, des histoires et quelques photos... Une nouvelle balafre mais celle-ci, à la différence des autres, ne se refermera jamais.

Un cœur en or, bien accroché pour ce nouveau départ, le début de la fin, lente et douloureuse... L’aide portée à sa marraine, une lutte ouverte contre la polyarthrite rhumatisante, elle partira pourtant avant elle... L’aide apportée constamment à son frère qui se débat dans sa propre merde, l’odeur est tenace, saturée d’ammoniac et pourtant elle est là. Elle lui offre tout son or. Une aide qui devient cependant de plus en plus pesante à mesure que sa pépite diminue, une aide sans retour qui l’use. Toujours à la disposition des autres, elle en oublie de penser à elle-même: son bonheur et sa vie passent après.

Un cœur en or, la disparition de son père adoré puis de sa mère, l’étau disparaît. Elle s’est dévouée corps et âme mais reste seule, libérée trop tard: colombe fuyant sa cage dont la porte s’est entrouverte mais fauchée dès le premier battement d’aile par un prédateur, pourtant si familier... Epuisée, abusée, bafouée, même par son frère, sa déprime de juin et son mal-être se déclinent alors de plus en plus tôt, dès l’apparition des premiers rayons de soleil réchauffant son visage. Un cœur en or dont il ne subsiste plus qu’une fine pépite et qu’elle continue pourtant de disperser si facilement qu’on pourrait la penser inépuisable...

Un cœur en or, malade, exténué, juin qui débute dès la fin janvier. De faibles battements, son frère désormais vient directement se servir lui-même, quelques raclures d’or récupérées avec les ongles, bien au fond, encore et encore... Epuisé, épuisée elle rejoindra ses parents adorés, sans or mais probablement avec l’idée d’avoir fait ici-bas tout son possible pour donner, pour partager...

Triste histoire vraie, du début à la fin, hélas!!! Sa bonté, son aide et son amour ont été distribués sans compter à tout son entourage. Sans compter mais sans véritable retour à la hauteur de ce qu’elle aurait pu mériter. Un tel amour, déployé sans compter, peut devenir la tombe que les autres nous creusent sachant simplement profiter de ce que l’on peut leur offrir sans entamer la pépite de leur cœur si sec... Cela devient une douleur de chaque instant, si forte, si présente, si deshumanisante que l’on ne peut qu’en être lasse...

A ce si bel Ange...


Bruce KREBS: De génération en génération

vendredi 29 février 2008

Sans commentaire…

Célibataire de longue durée, oui, déménagements fréquents, une certaine timidité aussi, une accumulation de facteurs plutôt défavorables... Ce n’est pourtant pas faute de chercher, notamment sur le net et de trouver... surtout de la futilité, des cons, des hypocrites, du mensonge ou des mecs pas vraiment capables d’assumer, parfois juste des mots...

lui: slt
moi: slt
lui: tu cherche quoi?
moi: dial et voir plus... et toi?
lui: ok, je cherche un mec cool pour moment sympa
moi: donc un plan cul
lui: po forcément un peu de tendresse quoi!
moi: un plan cul avec des bisous? ben ça reste un plan cul
lui: mdr, j’aime po le mot cul mais plutôt "un moment agréable avec un mec" je ne baise pas
moi: ben c un coup alors?
lui: si tu veux
moi: donc c’est un simple coup avec câlins
lui: mdr sa te di
moi: ben j’aime po les plan cul
lui: ben après on peu se revoir et pourquoi pas...
moi: donc fo d’abord baiser pour voir si après... pourquoi pas...
...

Et pourtant j’y crois encore un peu...


Brancusi, Le Baiser

mercredi 27 février 2008

Une Vie ou la proposition du petit Nicolas…

Une proposition, l’idée de confier la mémoire d’un enfant juif français victime de la Shoah à chaque élève de CM2, des millions d’élèves concernés, l’Education Nationale qui doit une nouvelle fois fermer sa gueule et une réaction importante à mes yeux, celle de Simone Veil. Réaction vive, à vif, quelques jours après ce fameux diner du Crif: "C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste. On ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter. Nous mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés, après la guerre, à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches".

De plus, la France est tout de même dotée de professeurs compétents et d’historiens capables d’effectuer les recherches et les publications nécessaires pour raviver et maintenir la mémoire de cette époque particulièrement marquante. Il suffit simplement de poursuivre et d’encourager la recherche par des financements publics, la création d’émissions, de documentaires ainsi que de films sur le sujet et surtout les commémorations récurrentes tout comme en 2005... Moi-même, j’ai réellement pris conscience de l’étendue et la cruauté de la Shoah en 1995 grâce à une revue pour ado qui consacrait un dossier à ce thème et surtout accompagné d’images de cette horreur: marquantes, choquantes, malheureusement réelles et toujours présentes dans ma mémoire. D’autres interrogations me viennent à l’esprit: les possibles tensions religieuses qui pourraient en découler; pourquoi seulement les enfants juifs français alors que toute l’Europe a été touchée; cette mémoire doit-elle être prise comme une repentance pour le rôle du régime de Vichy mais dans ce cas là comment expliquer que la France est le pays occupé par les allemands qui a déporté le moins d’enfants juifs grâce à certaines lenteurs de la même administration, de l’existence des Justes et des Résistants? Pourquoi placer ces enfants dans une repentance pour une action qu’ils n’ont pas commise et pourquoi ne pas commémorer de la même manière les esclaves des colonies françaises, les victimes torturées lors de la guerre d’Algérie - épineuse affaire - les peuples massacrés lors des campagnes de Napoléon... La liste des commémorations est longue. L’histoire d’un pays permet la construction de son identité mais ne doit pas devenir une entrave à son futur par la volonté perpétuelle d’une repentance qui me semble impossible... Il vaudrait mieux rechercher une manière plus simple de se souvenir et surtout d’en tirer les enseignements nécessaires pour avancer, vite, et surtout pour éviter ces erreurs passées.



Un cadeau de noël, sa vie, sa biographie, son livre... Une enfance à Nice, la guerre, les nazis, Auschwitz-Birkenau et un spectre d’adolescence... Aucun espoir de fuite: "Prendre le risque de partir revenait à mourir encore plus sûrement que de rester à attendre que le destin dispose de nous". Une volonté de survivre. Des spectres, l’odeur épouvantable, des travaux pour prolonger la rampe d’accès vers les chambres à gaz; une visite médicale par Mengele; une certaine chance au milieu de cet enfer: un petit commando avec des conditions de vie moins dures; janvier 1945 et cette fuite forcée face à l’avancée soviétique, véritable marche de la mort. Arrivée à Bergen-Belsen, entassement de déportés, conditions de vie abominables, le typhus, la libération du camps, l’arrivée au Lutetia, Paris.

Le retour difficile à une vie normale, une société sourde face aux récits des déportés, des études, une famille, une carrière de magistrate puis de femme politique française et européenne. Une action connue de tous en faveur de l’IVG, une période relativement favorable, l’Assemblée nationale, un discours, des insultes machistes, des femmes aidées, comprises et libérées d’un poids. Un parcours dont elle a tiré des enseignements, toute une période politique décryptée et dont les problèmes restent encore récurrents aujourd’hui après 30 années d’action et de réformes... Une vision de la Shoah et du sort des juifs: sereine, juste et sans haine. Un des soutiens très remarqués de la campagne de Sarkozy mais dont l'action des dernières semaines illustrent son indépendance d’esprit, son intelligence et sa place indéboulonnable au sein de la scène politique française.

Une Vie simplement touchante qui montre que même dans les pires moments un espoir est toujours possible.